après une petite pause, reprise du comparatif de l'offre cinématographique sur Caen, Rouen et Rennes...
L'agglomération caennaise bénéficie, on l'a vu, d'une programmation variée, notamment en raison de la reprise de films anciens.
Avantage Caen donc, sur ce terrain.
En revanche, Rouen se rattrape en proposant une gamme plus large de sorties
récentes, et en les maintenant plus longtemps à l'écran. Les nouveaux films semblent moins y chasser les longs-métrages des semaines précédentes, au contraire de Rennes.
A Rennes, un tiers des films programmés du 29 juillet au 4 août étaient des sorties nationales de la semaine. Difficile de leur
échapper pour les spectateurs rennais, puisque ces nouveautés monopolisent à elles seules 40 % des séances proposées dans l'agglomération... Et
pas question d'attendre trop longtemps avant de se décider à aller voir le film qui intéresse : au-delà d'un mois-un mois et demi d'exploitation, aucun film ne trouve plus sa place sur les écrans
rennais (à l'exception de Etreintes brisées, d'Almodovar).
A Rouen, la situation est tout autre. Au cours de la même semaine d'observation, les nouveautés ne
représentent qu'un quart de l'ensemble des séances. Les autres longs-métrages ont du coup une chance plus grande de prolonger leur carrière. Les films en exploitation depuis un mois
ou plus pèsent en effet un tiers des projections. Il est ainsi possible aux spectateurs rouennais de voir des films vieux de deux ou trois mois (Anges et démons, Incognito, Millenium, La nuit
au musée 2, Terminator renaissance), voire plus encore (La première étoile, La vague et même Slumdog Millionaire). Ces séances de rattrapage typiquement rouennaises ne sont
cependant accessibles qu'aux cinémas Gaumont du centre-ville. Elles permettent de donner une deuxième, voire une dernière chance, à des films que le multiplexe du même groupe, situé en
périphérie, ne peut plus ou ne veut plus laisser à l'affiche. Cela dit, l'audace est toute relative, puisque les sessions de rattrapage concernent avant tout des films très grand public, plus
quelques films a priori moins porteurs mais ayant connu un succès public inattendu (La vague, Slumdog Millionaire).
La grande variété de choix sur Caen tient notamment aux animations des deux cinémas d'Art &
Essai de l'agglomération.
Le Lux et le Café des Images proposent en effet de revisiter des films du patrimoine
(cycle Buñuel par exemple au Lux avec 3 films, et reprise des films de Pietro Germi, Ces messieurs dames au Lux et Divorce à l'italienne au
Café des Images).
Ou rediffusent des œuvres plus ou moins récentes et exotiques à destination des plus jeunes (Bee-movie, Tex Avery follies, Les nouvelles aventures de la petite
taupe, etc.).
Voire combinent les deux (Le magicien d'Oz et Bonjour, de Ozu, au Café des Images).
Cela ne représente qu'une vingtaine de séances chaque semaine, mais cette offre a le mérite d'exister.
semaine débutant le mercredi…
Séances consacrées aux reprises à…
22 juillet 2009
29 juillet 2009
Caen
25
17
Rouen
14
14
Rennes
0
0
Source : Linternaute cinéma
Elle n'est pas absente sur Rouen, mais un peu moins développée qu'à Caen (tout au moins entre le 22 juillet et le 4 août). Le Melville est seul à y contribuer. A raison d'une séance par jour y ont été projetés Les vacances de Monsieur Hulot (sur les deux semaines
d'observation), Une journée particulière, d'Ettore Scola (la première semaine) et Bullitt, avec Steve McQueen (la deuxième semaine).
Ce type de programmation est en revanche complètement inexistant sur Rennes au cours de la période d'observation...
Suite du comparatif de la programmation cinéma offerte aux habitants des agglomérations de Caen, Rouen et Rennes.
Comme on l'a vu dans l'article précédent (Local : Heureux cinéphiles caennais ! (2) ), les Caennaisbénéficient d'une grande variété de choix de film, bien plus étendue qu'à Rennes et presqu'aussi large qu'à Rouen, alors que le nombre total de séances proposées est très nettement
supérieur dans ces deux agglomérations.
Comment expliquer cet état de fait ?
Il ne faut pas a priori chercher du côté des nouveautés.
Sur les 2 semaines observées, entre le 22 juillet et le 4 août, ce ne sont pas elles qui ont fait la différence.
Aussi bien à Caen qu'à Rennes ou Rouen, la moitié au moins des sorties nationales ont été programmées sans délai sur les écrans.
semaine débutant le mercredi…
Nombre de sorties nationales à…
22 juillet 2009
29 juillet 2009
Caen
7
6
Rouen
8
6
Rennes
6
8
France entière
14
10
Source : Linternaute cinéma
C'est ailleurs qu'il va falloir prospecter, et notamment sur le terrain de l'Art & essai...
Poursuite du petit comparatif de l'offre cinématographique à Caen, Rouen et Rennes...
Après les quelques données structurelles de l'article précédent, regard maintenant sur la conjoncture.
La différenciation des parcs cinématographiques qui a été notée se traduit-elle dans la programmation proposée aux habitants des trois agglomérations ?
Ciné-cure de stats a examiné les semaines du 22 au 28 juillet et du 29 juillet au 4 août 2009 en guise de test. Résultats ?
Un nombre de séances forcément plus faible à Caen...
Dans l'agglomération de Caen, les cinémas proposent chaque semaine environ 850 séances. C'est grosso modo 300 de moins que sur Rennes, et près de 1 000 de moins que sur Rouen.
semaine débutant le mercredi…
Nombre de séances à…
22 juillet 2009
29 juillet 2009
Caen
858
853
Rouen
1783
1878
Rennes
1119
1169
Source : Linternaute cinéma
... mais avec une grande variété de choix parmi les films
Malgré tout, les Caennais ont accès à un large éventail de choix. Chaque semaine, une petite quarantaine de films différents sont programmés sur
Caen, soit presqu'autant que sur Rouen, et nettement plus que sur Rennes (24 films seulement).
Comparatif de l'offre cinématographique à Caen, Rouen et Rennes
Dans un premier temps, petit état des lieux structurel de l'équipement cinématographique dans ces 3 agglomérations...
Avantage quantitatif (récent) pour Rouen...
Plus petite des 3 agglomérations* (* : au sens Insee des unités urbaines définies en 1999), Caen dispose
sans surprise de moins de cinéma que Rouen ou Rennes (4 contre 5 ) et de moins d'écrans
(25 contre respectivement 55 et 34).
Caen
Rouen
Rennes
Nombre d'établissements cinématographiques
4
5
5
Nombre de salles correspondant
25
55
34
Nombre de salles pour 100 000 habitants
12,7
14,1
12,0
Nombre de multiplexes
1
3
2
Nombre de salles correspondant
12
44
25
Nombre d'établissements Art & essai
2
1
1
Nombre de salles correspondant
6
4
2
Population 2006 de l'Unité urbaine 1999
196 322
388 798
282 550
Mais pour sa taille, l'agglomération de Caen paraît plutôt mieux dotée que sa voisine rennaise : 13 salles pour 100 000 habitants dans le premier cas, contre 12 dans l'autre. L'offre est certes plus abondante encore (14) dans l'agglomération
rouennaise, deux fois plus peuplée que sa cousine bas-normande. Mais la situation est très nouvelle (un troisième multiplexe - Pathé Docks 76 -, de 14 salles, près du centre-ville, n'a ouvert ses portes qu'au printemps dernier) et le parc devrait encore y connaître des
reconfigurations dans les mois qui viennent (notamment le cinéma Gaumont de 7 salles en plein centre-ville et le Melville classé Art &
Essai, sans compter les possibles effets à terme de la concurrence en centre-ville des multiplexes UGC et Pathé).
... mais une offre Art & Essai plus développée à Caen
Outre les aspects purement quantitatifs, l'offre diffère nettement sur Caen par sa nature : le seul multiplexe présent - pour l'instant... - (UGC Ciné cité
Mondeville), ne pèse que la moitié de l'offre, alors que les multiplexes fournissent 80 % des salles rouennaises et trois quarts des écrans rennais. Par ailleurs, malgré un bassin
de population nettement plus réduit, Caen dispose d'une large offre Art & Essai avec ses 2 cinémas classés (Lux et Café des Images), pour un total de 6 écrans, soit l'équivalent de ce qui est proposé dans les agglomérations rennaises et rouennaises réunies.
Derniers Commentaires postés