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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 22:05

Les cérémonies des César (27 février) et des Oscars (7 mars) sont les plus attendues et les plus médiatisées en France. Régulièrement, et c'est encore le cas cette année, un film monopolise les principales récompenses et ne laisse que les prix techniques ou secondaires à la concurrence. Un prophète et Démineurs ont ainsi raflé respectivement neuf César et six Oscars, parmi les plus prestigieux. Quelles conséquences ces cérémonies ont-elles eu sur le succès de ces films au box-office ?


Un prophète
est l'un des grands succès français, critique et public, de l'année dernière. Sorti le 26 août 2009, il totalisait 1 228 182 entrées au 30 décembre et attirait toujours quelques centaines de spectateurs chaque semaine sur Paris, bien qu'il soit sorti en DVD. Il avait même réuni près de 30 000 spectateurs supplémentaires lors des ressorties de janvier (Festival Télérama et autres Incontournables UGC), avant de poursuivre tranquillement sa carrière.

Pour ses six mois d'exploitation, il reçut en guise de cadeau d'anniversaire pas moins de neuf César sur treize nominations. Ressorti pour l'occasion sur 150 écrans le 3 mars, il engrangea 39 069 spectateurs supplémentaires en une semaine. Un chiffre élevé puisqu'il lui permit de réintégrer le top 20 hebdomadaire, mais à relativiser étant donné la déjà brillante carrière du film. D'autant plus que l'effet fut de courte durée, le film reprenant rapidement son rythme habituel de quelques centaines d'entrées hebdomadaires. Au final, on peut estimer que les César ont permis à Un prophète d'engranger environ 50 000 entrées supplémentaires, soit un apport d'à peine 4 % par rapport au score qu'il aurait réalisé au final sans cette cérémonie.


On peut comparer ces résultats à ceux obtenus par Séraphine qui, après avoir été récompensé sept fois aux César 2009 alors qu'il arrivait en fin d'exploitation avec près de 600 000 entrées, avait connu une véritable seconde carrière en retrouvant pendant deux mois des scores dignes de ses premières semaines d'octobre 2008. Là, on peut estimer l'apport des César à 200 000 spectateurs, soit un gain de l'ordre d'un tiers par rapport aux 620 000 entrées que le film aurait atteint sans la cérémonie. L'effet César fût donc autrement plus significatif en 2009 qu'en 2010. Sans doute Séraphine, vu seulement par un public cinéphile, avait-il besoin de ce coup de pouce pour toucher un public plus large, alors qu' Un prophète avait déjà réuni l'essentiel de son public et, interdit aux moins de 12 ans, n'avait plus de réservoir de spectateurs potentiels.


De son côté, Démineurs, sorti le 23 septembre 2009, avait connu un succès plus modeste en attirant au final 200 340 spectateurs après deux mois d'exploitation. Le sursaut post-Oscars n'en fût que plus marquant. Trois jours après avoir créé la surprise en battant Avatar aux Oscars, le film, déjà disponible en DVD, ressortait en salles - sur moins de 10 copies -, ce qui lui permit d'engranger 13 715 entrées supplémentaires en restant cinq semaines à l'affiche. Un chiffre relativement modeste, mais qui représente tout de même 6,8 % de gain par rapport à son box-office cumulé lors de sa première exploitation.

Une ressortie pas inutile donc, mais loin des espoirs que l'on pouvait placer dans l'effet Oscars. Là encore en effet, on peut revenir en 2009 et comparer avec Slumdog millionaire, précédent gagnant des Oscars (8 récompenses). La situation était certes différente puisque le film n'était à l'affiche que depuis six semaines, mais l'effet des Oscars avait été flagrant puisqu'il avait permis au film de réaliser en septième semaine son plus gros score, avec 100 000 entrées de plus qu'en première semaine, du jamais vu ! Il est difficile d'estimer précisément l'apport total de la victoire aux Oscars pour ce film, mais, sachant qu'il totalisait 1 200 000 spectateurs avant la cérémonie, on peut supposer qu'il n'aurait pas dépassé 1 800 000 spectateurs en fin de carrière. Or il en a finalement cumulé 2 681 115, soit un gain de l'ordre de 50 %.


Là encore, 2009 a donc été largement plus profitable au lauréat des Oscars que 2010. Le genre de ces films explique certainement en partie cette différence, le film de guerre Démineurs ayant un potentiel plus limité (il comportait un avertissement et s'adressait à un public essentiellement masculin) que la comédie populaire Slumdog millionaire.


On notera enfin que, sur cet échantillon de deux années, les Oscars ont plus d'influence que les César sur le public français ! Rendez-vous dans un an pour confirmer ou infirmer ces observations.

 

Oscars-césar-copie-1 

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