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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 20:13

ALAIN CORNEAU

Réalisateur français né le 7 août 1943, mort le 29 août 2010
Egalement acteur, producteur, scénariste, dialoguiste
César du meilleur film en 1992 pour Tous les matins du monde
16 films, 14,6 millions d'entrées cumulées, 0,9 million en moyenne

Après un premier film passé inaperçu (il faut dire qu'il s'agissait d'un film de SF interdit aux moins de 16 ans), les films policiers d'Alain Corneau lui ont permis d'enchaîner les films millionnaires pendant dix ans. Après un dernier grand succès en 1991 avec Tous les matins du monde (par ailleurs César du meilleur film), le réalisateur traverse par la suite une quinzaine d'années plus difficiles, entre comédies et adaptations de romans intimistes, peinant à atteindre les 500 000 entrées (Les mots bleus ne réunit même que 140 000 spectateurs).

entrées filmographie CorneauSon dernier film, Crime d'amour, sorti le 18 août, ne fait pas exception, s'arrêtant tout juste au demi-million, malgré la mort du réalisateur au 12e jour d'exploitation du film qui aurait pu attirer des spectateurs curieux. Manifestement, l'effet décès (souvent observé dans les ventes de CD) n'a pas vraiment joué (la mort de Laurent Fignon – bien plus médiatisée - le lendemain n'a pas dû aider !).

Cependant, si on regarde les chiffres en détail, on peut tout de même observer quelques effets. Au niveau national, on ne dispose que de chiffres hebdomadaires :

18 au 24 août : 176 475 entrées
25 au 31 août : 109 612 entrées (- 38 %)
1er au 7 septembre : 69 570 entrées (- 37 %)
8 au 14 septembre : 54 533 entrées (-22 %)

Alors qu'on pouvait s'attendre à un bon maintien juste après le décès du réalisateur, la baisse observée en 3e semaine semble étonnamment forte… mais en réalité elle est plutôt modérée dans un contexte de fortes chutes pour tous les films lors de cette semaine de rentrée. En fait, Crime d'amour se situe au niveau des meilleures continuations (entre Inception et Poetry). Le film reprend ensuite une évolution normale puisque les 22 % de baisse en 4e semaine sont dans la moyenne d'une semaine caractérisée par des baisses modérées.

Les entrées quotidiennes sont connues au niveau de Paris et sa banlieue uniquement. Elles permettent d'observer la hausse des entrées - inhabituelle - du mardi de la semaine 2 par rapport au lundi : les spectateurs ayant appris la nouvelle du décès le lundi ont pu voir le film le lendemain. Par la suite, les entrées se sont bien maintenues en semaines 3 et 4 malgré un nombre de copies passé de 52 à 37 puis 28.

entrées Crime d'amour de Corneau

Au final, s'il est incontestable que "l'effet décès" a ponctuellement dynamisé la carrière de Crime d'amour, il semble que son impact soit assez limité sur la durée, ne dépassant pas quelques dizaines de milliers de spectateurs.

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 20:11

Après un premier trimestre exceptionnel, le deuxième trimestre a débuté sur un rythme toujours soutenu avec environ 4 millions d'entrées hebdomadaires. Mais les bonnes choses ont une fin, et c'est en général au mois de mai vers le Festival de Cannes que le box-office connaît un creux chaque année. Cette année la chute est impressionnante, avec des semaines bloquées entre 2 et 2,5 millions d'entrées.

CK-hebdoTrimestre2-2010 graphique

Le faible nombre de films (et notamment de films porteurs) et leur faible exposition (un millier de copies chaque semaines contre 1 500 en début de trimestre) expliquent en grande partie ces piètres résultats (lire National : moins de 11 millions d'entrées en juin ).

Dans ce contexte, les films se sont succédé en tête des classements sans jamais réaliser de performances extraordinaires, passant rarement le million de spectateurs. Le comble est atteint avec Kiss & kill qui se classe en tête des entrées de la dernière semaine de juin avec moins de 300 000 entrées !

 
CK-hebdoTrimestre2-2010 
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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 19:12

(Ciné-Kino nous livre une batterie de chiffres et quelques analyses du box-office du deuxième trimestre 2010. Premier article d'une série à suivre)

Le deuxième trimestre 2010 ?

Un trimestre mitigé, bien parti avant de s'essouffler fin mai (cf. National : la pire semaine de l'année est-elle un signe ?  et National : moins de 11 millions d'entrées en juin ) ;

Un trimestre globalement assez terne dans ses sorties, sans autre locomotive que le quatrième épisode de Shrek sorti le dernier jour du trimestre ;

Un trimestre enfin plutôt décevant pour de nombreux films, notamment les suites qui ont rarement fait recette (même si elles occupent les trois premières places du podium !).

Pour commencer cette revue du trimestre, un tableau de bord très synthétique : 

Films

Nombre de films sortis : 137

Moyenne hebdomadaire : 10,5 films

Avril (4 semaines) : 47 films

Mai (4 semaines) : 42 films

Juin (5 semaines) : 48 films

Copies

Nombre total de copies : 16 466

Moyenne hebdomadaire : 1 267 copies

Moyenne : 120 copies par film

Médiane : 39 copies par film

Top 10 = 6 474 copies, soit 39,3 % des copies

Plus grosse distribution : Shrek 4, il était une fin (842 copies)

Entrées

Nombre final estimé d'entrées pour ces films : 38 530 000

Moyenne : 281 000 entrées par film

Médiane : 31 330 entrées par film

Top 10 = 22,4 millions d'entrées, soit 58,1 % des entrées

Plus gros score : Shrek 4, il était une fin (4,2 millions d'entrées)

Indices de succès

Moyenne des rapports entre les entrées finales et les entrées du premier jour (sur 84 films) 19,3

Médiane : 15

Moyenne des rapports entre les entrées finales et les entrées de la première semaine : 2,2

Médiane : 2,09

Entrées par copie

Moyenne des rapports entre les entrées de la première semaine et le nombre de copies : 599 entrées par copie

Médiane : 483

Moyenne des rapports entre les entrées finales et le nombre de copies : 1 394 entrées par copie
Médiane : 1 000

à suivre...

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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 22:05

Les cérémonies des César (27 février) et des Oscars (7 mars) sont les plus attendues et les plus médiatisées en France. Régulièrement, et c'est encore le cas cette année, un film monopolise les principales récompenses et ne laisse que les prix techniques ou secondaires à la concurrence. Un prophète et Démineurs ont ainsi raflé respectivement neuf César et six Oscars, parmi les plus prestigieux. Quelles conséquences ces cérémonies ont-elles eu sur le succès de ces films au box-office ?


Un prophète
est l'un des grands succès français, critique et public, de l'année dernière. Sorti le 26 août 2009, il totalisait 1 228 182 entrées au 30 décembre et attirait toujours quelques centaines de spectateurs chaque semaine sur Paris, bien qu'il soit sorti en DVD. Il avait même réuni près de 30 000 spectateurs supplémentaires lors des ressorties de janvier (Festival Télérama et autres Incontournables UGC), avant de poursuivre tranquillement sa carrière.

Pour ses six mois d'exploitation, il reçut en guise de cadeau d'anniversaire pas moins de neuf César sur treize nominations. Ressorti pour l'occasion sur 150 écrans le 3 mars, il engrangea 39 069 spectateurs supplémentaires en une semaine. Un chiffre élevé puisqu'il lui permit de réintégrer le top 20 hebdomadaire, mais à relativiser étant donné la déjà brillante carrière du film. D'autant plus que l'effet fut de courte durée, le film reprenant rapidement son rythme habituel de quelques centaines d'entrées hebdomadaires. Au final, on peut estimer que les César ont permis à Un prophète d'engranger environ 50 000 entrées supplémentaires, soit un apport d'à peine 4 % par rapport au score qu'il aurait réalisé au final sans cette cérémonie.


On peut comparer ces résultats à ceux obtenus par Séraphine qui, après avoir été récompensé sept fois aux César 2009 alors qu'il arrivait en fin d'exploitation avec près de 600 000 entrées, avait connu une véritable seconde carrière en retrouvant pendant deux mois des scores dignes de ses premières semaines d'octobre 2008. Là, on peut estimer l'apport des César à 200 000 spectateurs, soit un gain de l'ordre d'un tiers par rapport aux 620 000 entrées que le film aurait atteint sans la cérémonie. L'effet César fût donc autrement plus significatif en 2009 qu'en 2010. Sans doute Séraphine, vu seulement par un public cinéphile, avait-il besoin de ce coup de pouce pour toucher un public plus large, alors qu' Un prophète avait déjà réuni l'essentiel de son public et, interdit aux moins de 12 ans, n'avait plus de réservoir de spectateurs potentiels.


De son côté, Démineurs, sorti le 23 septembre 2009, avait connu un succès plus modeste en attirant au final 200 340 spectateurs après deux mois d'exploitation. Le sursaut post-Oscars n'en fût que plus marquant. Trois jours après avoir créé la surprise en battant Avatar aux Oscars, le film, déjà disponible en DVD, ressortait en salles - sur moins de 10 copies -, ce qui lui permit d'engranger 13 715 entrées supplémentaires en restant cinq semaines à l'affiche. Un chiffre relativement modeste, mais qui représente tout de même 6,8 % de gain par rapport à son box-office cumulé lors de sa première exploitation.

Une ressortie pas inutile donc, mais loin des espoirs que l'on pouvait placer dans l'effet Oscars. Là encore en effet, on peut revenir en 2009 et comparer avec Slumdog millionaire, précédent gagnant des Oscars (8 récompenses). La situation était certes différente puisque le film n'était à l'affiche que depuis six semaines, mais l'effet des Oscars avait été flagrant puisqu'il avait permis au film de réaliser en septième semaine son plus gros score, avec 100 000 entrées de plus qu'en première semaine, du jamais vu ! Il est difficile d'estimer précisément l'apport total de la victoire aux Oscars pour ce film, mais, sachant qu'il totalisait 1 200 000 spectateurs avant la cérémonie, on peut supposer qu'il n'aurait pas dépassé 1 800 000 spectateurs en fin de carrière. Or il en a finalement cumulé 2 681 115, soit un gain de l'ordre de 50 %.


Là encore, 2009 a donc été largement plus profitable au lauréat des Oscars que 2010. Le genre de ces films explique certainement en partie cette différence, le film de guerre Démineurs ayant un potentiel plus limité (il comportait un avertissement et s'adressait à un public essentiellement masculin) que la comédie populaire Slumdog millionaire.


On notera enfin que, sur cet échantillon de deux années, les Oscars ont plus d'influence que les César sur le public français ! Rendez-vous dans un an pour confirmer ou infirmer ces observations.

 

Oscars-césar-copie-1 
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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 12:00

Coco, roi de la flambe

On l'a vu précédemment, certains films (blockbusters, suites ou autres films à fans) réalisent des démarrages fulgurants, avant parfois de chuter brutalement. Au final, l'indice de succès de ces films ne dépasse pas 2.

L'exemple récent le plus symptomatique, en 2009, est sans doute Coco. Le film de Gad Elmaleh, très attendu après le succès de Chouchou, réalisa le meilleur démarrage du premier semestre avec plus d'1,8 million de spectateurs en première semaine. Il faut préciser cependant que cette semaine correspondait au Printemps du cinéma, qui a certainement contribué de l'ordre de quelques centaines de milliers de spectateurs à ce résultat. La chute de fréquentation en deuxième semaine n'en fut que plus dure : près de deux tiers de spectateurs en moins ! Même sanction en troisième semaine : malgré un nombre de copies proche du record (871), le film, qui avait fait le plein de fans en première semaine, n'attirait plus que quelques retardataires non échaudés par le bouche-à-oreille calamiteux. Le film quitta les écrans au bout de huit semaines, après avoir multiplié ses entrées de la première semaine par 1,67 seulement (le plus mauvais indice de succès parmi les films millionnaires) !

Slumdog Millionaire, success story au long cours

Heureusement, tous les films ne connaissent pas ce destin. La qualité des films et un bon bouche-à-oreille - toujours plus rapide et efficace avec Internet - permettent à certains films de durer et de devenir un phénomène avec le temps.

Slumdog millionaire en est l'exemple le plus emblématique cette année. Film modeste (le réalisateur est connu mais le casting indien était inconnu et en partie non professionnel), distribué sur un nombre limité de copies (126, soit 11 de moins que Notorious B.I.G. par exemple), le film de Danny Boyle pouvait déjà s'estimer heureux de réunir près de 209 000 spectateurs en première semaine (Notorious B.I.G. en attira 132 000… sur toute sa carrière !) et pouvait prétendre aux 500 000 entrées finales.

C'était sans compter sur le bouche-à-oreille phénoménal qui multiplia rapidement les spectateurs. Le film fut d' une stabilité remarquable, en maintenant ses entrées autour de 200 000 spectateurs hebdomadaires pendant une dizaine de semaines et en gagnant des copies au fil des semaines. Il se paya même le luxe de réaliser son meilleur score en septième semaine (307 531 entrées), grâce à l'effet oscar, cérémonie où il rafla huit statuettes. Fin 2009, soit près d'un an après sa sortie et bien qu'il soit disponible en DVD depuis cet été, le film attirait toujours plusieurs centaines de spectateurs chaque semaine dans les salles.

Au final, l'indice de succès atteint 12,92. Un score vraiment incroyable à une époque où les films sont éjectés des écrans au bout d'une semaine comme de vulgaires produits de consommation, et de loin le meilleur indice de l'année et sans doute de la décennie (depuis 2006, seuls deux films ont dépassé 10 : Little miss sunshine et La vie des autres ont atteint 11,16 précisément).

succès éphémère-succès durable-Coco et Slumdog Million
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 21:21

L'autre manière de mesurer les succès

Au-delà du simple nombre de spectateurs, il est intéressant de mettre en valeur la réussite de films qui, s'ils ont obtenu des résultats plus modestes au box-office, ont rencontré un succès public significatif. Ce succès se traduit par une durée d'exploitation plus longue grâce à une fréquentation stable au fil des semaines.

Un indicateur s'avère particulièrement intéressant à regarder pour mesurer ce succès. L'indice de succès - ainsi qualifié par le Doc Statistic qui l'analysait, en privé, il y a quelques années - est le rapport entre le nombre d'entrées final d'un film et le nombre d'entrées lors de sa première semaine d'exploitation. Il permet donc de déterminer si un film, quelle que soit l'intensité de son démarrage, s'est vite effondré - signe d'un mauvais bouche-à-oreille ou d'un blockbuster qui a vite épuisé son potentiel - ou s'il a connu une carrière à succès sur la durée.

Cet indice a été ici uniquement calculé pour les films de 2009 ayant attiré plus de 100 000 spectateurs, soit 223 films. La moyenne s'établit à 2,7, ce qui signifie que les films multiplient leurs entrées de la première semaine par moins de 3, autrement dit qu'ils réalisent plus du tiers de leurs entrées en première semaine. On peut dès lors considérer qu' un indice supérieur à 4 sera synonyme de succès alors qu' un indice inférieur à 2 mettra en évidence l'échec du film.


D'un extrême à l'autre : La Panthère Rose 2 et Slumdog Millionaireles indices de succès 2009

Ce coefficient varie d'un facteur de 1 à 10 puisqu'il est de 1,24 pour La Panthère Rose 2 (autrement dit 80 % des recettes de ce film se sont faites la première semaine, difficile de faire plus ramassé !) à 12,92 pour Slumdog millionaire, un score rarement atteint dans l'histoire du cinéma.

Parmi les plus gros indices on trouve des films qui, à l'exception du Petit Nicolas, n'étaient pas très attendus et ont créé la surprise en marchant sur la durée grâce à un bon bouche-à-oreille. C'est souvent le cas de comédies, comme l'ont prouvé cet été Neuilly sa mère ! et Very bad trip. On trouve aussi parmi ces succès des films pour enfants qui restent longtemps à l'affiche grâce aux vacances scolaires (La véritable histoire du Chat Botté, Mission-G, Volt, star malgré lui).

Du côté des pires indices, on trouve également… des comédies ! Ce genre est en effet le plus aléatoire en terme de succès : "ça passe ou ça casse" en quelque sorte. La casse cette année a eu lieu entre autres pour Le missionnaire, Rose & noir, Cinéman, King Guillaume, Bambou ou La guerre des miss.

Le cas des suites

Les suites ou autres films attendus par un certain nombre de fans sont également fréquents en bas de classement : ils démarrent fort puis s'effondrent très vite si la qualité n'est pas là pour attirer un public plus large. Coco représente bien cette catégorie, dans laquelle on trouve aussi Ong-bak 2, Le séminaire, Underworld 3, Vendredi 13 et bien sûr La Panthère Rose 2.

A ce sujet il est intéressant de comparer les deux premiers épisodes de Twilight, sortis en 2009. Le premier est sorti en début d'année de façon mesurée (455 copies), seulement attendu par les fans de la saga littéraire, qui n'avait pas connu le même succès en France que dans les pays anglo-saxons. La première semaine fut pourtant excellente (756 000 entrées) et le succès ne se démentit pas avec un bon indice de succès de 3,67. Il s'est ensuite trouvé de nouveaux adeptes grâce aux DVD… et aux téléchargements illégaux. Ainsi, quand le deuxième épisode est sorti en novembre, il était devenu un phénomène de société attendu par un grand nombre de fans impatients de le découvrir dès les premiers jours. Avec 300 copies supplémentaires, il attira 2,3 millions de spectateurs en première semaine, soit presque autant que le premier épisode sur toute sa carrière ! Mais une fois les fans rassasiés, il ne restait plus que quelques amateurs moins pressés pour aller le voir, et son indice s'arrêta donc à 1,81, le troisième indice le plus bas de l'année pour un film millionnaire. Le troisième épisode en juin fera-t-il encore pire ?

A noter que certains indices peuvent légèrement évoluer pour les films encore en exploitation. Avatar en particulier devrait à terme dépasser l'indice 5 et peut-être même faire mieux que Neuilly sa mère ! au finish. Slumdog millionaire reste évidemment inatteignable.

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 17:15

On le constate depuis quelques années, la carrière des films est de plus en plus brève et leur destin est souvent scellé dès la première semaine - voire de plus en plus le premier jour ou même avec les fameuses premières séances Paris 14h.

Aux Etats-Unis... mais en France aussi

Le phénomène est particulièrement marqué aux Etats-Unis où les producteurs mettent le paquet sur la promotion pour que leurs films obtiennent les meilleurs résultats en première semaine et battent au passage de nouveaux records qui leur assurent la postérité statistique (faute souvent de postérité artistique).

En France aussi, avec le nombre de plus en plus élevé de sorties hebdomadaires (c'est à vérifier, il me semble que c'est assez stable depuis quelques années, après une période inflationniste il est vrai- note de Doc Statistic) , le turn-over des films s'accentue, notamment dans les multiplexes. Un film qui démarre mollement devra souvent laisser sa place à d'autres films dès la semaine suivante, sans laisser la possibilité aux spectateurs potentiels d'aller le voir et donc sans laisser au film le temps de faire ses preuves sur la durée.

Des spectateurs qui pratiquent le zapping...

La responsabilité en revient aussi aux spectateurs, qui ont de plus en plus tendance à aller voir les films dès le jour ou en tout cas la semaine de leur sortie, notamment dans le cas des suites de films à succès qu'ils attendent depuis des mois. On qualifie ces films, qui réalisent l'essentiel de leurs entrées les premiers jours, de frontloaded (en anglais, je ne sais pas ce que ça donne en français…). Leur carrière est souvent assez brève puisque la majorité de leurs spectateurs potentiels vont les voir dès leur sortie en salle (cf. l'article à suivre sur les "indices de succès").

... après s'être (paresseusement) précipités sur les suites meilleurs démarrages

Il suffit de regarder les meilleurs démarrages de tous les temps pour constater que tous ces films sont sortis ces dix dernières années... et qu'il s'agit exclusivement de suites (à l'exception notable de Bienvenue chez les Ch'tis). En effet ce phénomène existait peu dans les décennies précédentes… ne serait-ce que parce que les suites étaient bien moins nombreuses (mais d'autres facteurs explicatifs interviennent comme la promotion des films, l'augmentation du nombre de copies ou, on l'a dit, les habitudes des spectateurs).

Cette année ne fait pas exception à la règle en nous offrant son lot de démarrages fulgurants, notamment 3 films dans les 11 meilleurs démarrages "1er jour" de tous les temps ! Ainsi L'âge de glace 3 - Le temps des dinosaures se classe 4e démarrage "Paris 14h" et 3e "1er jour". Son score "1re semaine" est moins bon car, sorti un vendredi, il ne comptabilise que 5 jours d'exploitation au lieu de 7.

Harry Potter et le prince de sang-mêlé se distingue également. Et il prouve justement que les meilleurs démarrages ne font pas les meilleurs résultats au final : s'il a réalisé les 2e meilleurs "1er jour" et "1re semaine" de tous les Harry Potter, il finit dernier de la saga en fin de carrière !

Autre film remarquable : 2012 échoue au pied de ces tops 10. Ce résultat est exceptionnel car il ne s'agit pas d'une suite contrairement à ses dix prédécesseurs. Cependant, il faut relativiser cet exploit en signalant que le film est sorti un jour férié, propice aux entrées.

Quant au leader de l'année, Avatar, il n'entre pas trop dans ce cadre en réalisant des démarrages modestes (deux fois moins que 2012), pour "Paris 14h" (6 718 entrées) et "1er jour" (320 934)… marqués il faut dire par la grève du RER et les chutes de neige ! Il se bâtit une carrière plus sur la durée, comme l'avait d'ailleurs fait Titanic en son temps en démarrant à "seulement" 1,74 million d'entrées en première semaine mais en finissant au-delà de 20 millions. Mais gageons que Avatar 2 se classera aisément dans ces classements quand il sortira !
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 18:47

On peut mesurer le succès d'un film par différents indicateurs (longévité, entrées par copie ou selon le budget, etc.). Une catégorie de films offre une possibilité supplémentaire : les suites peuvent en effet être comparées aux épisodes précédents. C'est le cas de 26 films en 2009 (tous ne sont pas à strictement parler des suites mais sont liés à d'autres films précédemment sortis). Beaucoup n'ont eu qu'un seul épisode précédent et peuvent donc se comparer directement, pour les autres la comparaison se fait sur la moyenne des différents épisodes qui ont précédé.

Ceux qui montent…

Le bilan est plutôt mauvais : seuls 9 films réalisent plus d'entrées que leurs prédécesseurs, et seuls 5 d'entre eux connaissent des évolutions significatives. Star Trek est le succès le plus marquant. S'il ne franchit pas le million d'entrées qu'on pouvait attendre d'un tel blockbuster, il réalise un score très élevé pour une franchise qui n'a jamais passionné les Français, au cinéma en tout cas puisque les 9 épisodes précédents (un dixième film n'est même jamais sorti en France) ont oscillé entre 30 000 et 220 000 entrées. Seul le premier film avait surfé sur le succès de la série télévisée et attiré près de 700 000 spectateurs, et même lui est battu. Un reboot bienvenu donc.

Beau résultat également pour L'âge de glace 3 (après 3,06 et 6,64 millions pour les deux premiers volets) et Twilight 2 (avec 50 % d'entrées de plus que le premier sorti en début d'année). Fast and furious 4 réalise aussi un bon score comparé aux épisodes 1 et 3 mais n'égale pas le 2 (1,83). Destination finale 4 se démarque d'une saga à la stabilité impressionnante (3 épisodes dans les 800 000 entrées).

Quatre "seconds épisodes" font légèrement mieux (9 à 34 %) que le premier : Alvin et les Chipmunks 2, Banlieue 13 ultimatum, Transformers 2 : la revanche, OSS 117 : Rio ne répond plus.

Ceux qui baissent…

Beaucoup de baisses, et souvent sévères : de quoi s'interroger sur l'intérêt de faire des suites à tout va. Les films d'épouvante limitent la casse : - 11 à - 23 % pour les seconds épisodes de REC et The descent et le sixième de Saw (le plus mauvais score de la saga, loin derrière les 767 000 entrées du 3e volet).

Plus mauvais score également pour deux autres sagas : Harry Potter baisse encore avec son sixième volet, loin des 9,4 millions du premier, et Terminator renaissance fait moitié moins que les épisodes 1 et 3 et surtout 4 fois moins que Terminator 2.

Résultat décevant également pour Arthur et la vengeance de Maltazard, loin du carton du premier épisode, de quoi s'inquiéter pour le dernier volet de la trilogie prévu pour octobre prochain. Mais la palme revient (si l'on exclut Divorces qui n'est pas vraiment une suite à Mariages) à La Panthère Rose 2 qui attire 5 fois moins de spectateurs que l'épisode précédent (la mauvaise distribution y est pour beaucoup).

A noter enfin que la deuxième partie du Che a réalisé 3 fois moins d'entrées que la première partie sortie un mois plus tôt : les spectateurs déçus par L'Argentin ne sont pas allés voir la suite malgré des critiques bien meilleures (c'est mon cas).

résultats des suites en 2009

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 19:13

Les films millionnaires : plus d'un par semaine !

Le box-office a battu un record de fréquentation cette année en franchissant le cap des 200 millions d'entrées (cf. National : record de fréquentation en 2009 ? oui, mais... ).

Un autre record va dans le même sens : avec 54 films dépassant le million d'entrées, c'est la première fois dans l'histoire du cinéma en France que l'on a plus d'un film millionnaire par semaine. Le précédent record était en effet de 51 films en 2001, excellente année pour la fréquentation des salles justement. Les deux records sont d'ailleurs fortement corrélés : depuis 20 ans, on observe 1 film millionnaire pour environ 4 millions d'entrées. Comme quoi la hausse de fréquentation n'est pas due seulement à quelques poids lourds mais bénéficie à de nombreux films. On peut imaginer qu'en remontant plus loin dans le temps, cette corrélation n'était peut-être pas aussi évidente car les sorties de films étaient plus limitées, pour des entrées plus nombreuses.

Les grands gagnants

Ces vingt dernières années, ils n'étaient que 7 films à avoir passé les 10 millions d'entrées. Dont 5 comédies françaises… Avatar est donc le huitième (et le second de James Cameron !) à atteindre de tels sommets. On compte également 3 films au-dessus des 5 millions d'entrées, ce qui est dans la moyenne généralement observée ces dernières années. En fait 2009 se distingue surtout par le grand nombre de films ayant tout juste atteint le million, il s'en est fallu de peu que l'on compte une dizaine de millionnaires en moins !

Cocorico ?

19 films français se classent parmi les millionnaires, le même nombre qu'en 2008. Sauf que l'année dernière les deux premiers (dont Bienvenue chez les Ch'tis) se classaient en tête alors que cette année le premier Français rate le podium : Le petit Nicolas n'aura pas pu rattraper Harry Potter malgré sa belle carrière.

Les trimestres

L'année avait bien commencé avec 14 films millionnaires en hiver dont la moitié autour de 3 millions d'entrées. Le printemps fut tout aussi généreux avec 15 films au-delà du million, même si la plupart se situaient vers les 2 millions d'entrées. L'été se contenta de 10 millionnaires, mais amena ses premiers vrais gros succès avec 4 films à plus de 4 millions d'entrées. Un trimestre plus concentré sur quelques gros films donc. Enfin, l'automne termine l'année en beauté avec à la fois un nombre élevé de millionnaires (15) et quelques gros morceaux autour de 4 millions, et en cerise sur le gâteau l'énorme Avatar.

 les 54 films millionnaires de 2009
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 22:28

Ciné-Kino jette pour nous un dernier regard -particulièrement aiguisé- sur l'année écoulée. Premier article d'une série de 6 à suivre
BO 2009-T4

Tops

Encore un excellent trimestre, qui conclut une année 2009 exceptionnelle : ce ne sont pas moins de 15 films qui ont attiré plus d'un million de spectateurs, soit un chaque semaine. Cependant, seuls quatre d'entre eux se distinguent vraiment.

Un film a particulièrement marqué le trimestre, peut-être en avez-vous entendu parler… S'il n'égalera sans doute pas le succès de Titanic, autre film de James Cameron, Avatar a déjà attiré près de 13 millions de spectateurs et pourrait en cumuler au final plus de 15 millions, score rarement atteint au box-office français, surtout pour un film américain (les films ayant réalisé plus de 10 millions d'entrées ces vingt dernières années sont essentiellement des comédies françaises).

Trois films se démarquent également avec environ 4 millions d'entrées. Là encore il s'agit de films de science-fiction/fantastique, genre qui a décidément eu le vent en poupe ce trimestre.

Les autres films ne dépassent pas 2 millions de spectateurs, beaucoup ont même passé le million de justesse. Quelques bonnes surprises cependant parmi ces films. On citera notamment le succès sur la durée du Concert, le succès hommage de Michael Jackson's This is it ou encore le succès éphémère (un démarrage très fort suite au buzz venu des Etats-Unis puis une chute abyssale à cause d'un mauvais bouche-à-oreille) de Paranormal activity. Les vacances scolaires ont également permis aux films pour enfants de faire une  belle carrière : Mission-G, Le drôle de Noël de Scrooge, Loup et Alvin et les Chipmunks 2.

 

Flops

La plus grosse déception du trimestre est sans doute Arthur et la vengeance de Maltazard qui perd 40 % d'entrées par rapport au premier volet de cette trilogie, en raison de critiques unanimes contre lui (Besson accusait déjà la presse de descendre ses films à chaque fois, ce n'est pas encore cette fois qu'il va se réconcilier avec…).

Parmi les millionnaires déçus, on citera également l'adaptation Lucky Luke et le Micmacs à tire-larigot de Jean-Pierre Jeunet qui nous avait habitués à plus.

Les flops sont cependant surtout à chercher du côté des films sous le million, ce qui est assez logique.

Le plus sévère des revers est sans doute celui de Rose & noir. Habitué aux films millionnaires (7 films sur 9), Gérard Jugnot tombe de haut avec cette comédie trop excentrique et vulgaire pour fédérer le public et qui passe à peine le cap des 100 000 entrées.

Autre déculottée : celle reçue par Cinéman qui échoue à 300 000 spectateurs. Le film avait pourtant de sacrés atouts pour réussir avec son gros budget et l'association de Yann Moix, très attendu après Podium, et du très bankable Franck Dubosc.

Il s'est malheureusement passé pour les comédies françaises ce que l’on pouvait craindre : en sortant les 21 et 28 octobre, Lucky Luke, Cinéman et Micmacs à tire-larigot se sont fait de l'ombre et ont enregistré des résultats décevants. Comme quoi le planning des sorties devrait être plus réfléchi en France pour éviter ce genre de couacs… 

Citons enfin la dernière déconvenue de l'année : Coco Chanel et Igor Stravinsky qui arrive trop tard et n'atteindra pas 150 000 spectateurs quand Coco avant Chanel dépassait le million en début d'année.

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Published by Doc Statistic - dans L'oeil de Ciné Kino
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